Harcèlement au travail : une exposition différente selon les secteurs
Quels sont les secteurs les plus exposés au harcèlement et aux comportements hostiles au travail ? À quels comportements chaque secteur est-il le plus exposé ? Pourquoi une part importante des salariés confrontés à ces situations choisit-elle malgré tout de se taire ? Les raisons en sont-elles différentes suivant les secteurs ?
Les chiffres clés de l’enquête
- 61 % des salariés ont déjà subi ou observé un comportement hostile au travail au cours de leur carrière.
- Santé, hôtellerie-restauration et médico-social : le trio de secteurs perçus comme les plus exposés.
- Près d’un salarié sur trois (31 %) n’oserait pas signaler une situation grave et répétée.
- 82 % des professionnels du signalement constatent une hausse des alertes en trois ans.
Une enquête nationale en deux volets
Pour éclairer ces questions, Reversens, cabinet de psychologues fondé par Anne-Sophie Chéron et dédié aux enquêtes éthiques et aux enquêtes liées au harcèlement, a mené une enquête nationale en deux volets :
- Un premier auprès de 3 100 salariés, pour mesurer leur perception de l’exposition, les comportements réellement rencontrés et leur rapport au signalement.
- Un second auprès de 2 700 professionnels qui recueillent ou traitent les signalements : DRH, RRH, juristes sociaux, référents harcèlement, médecins du travail et élus CSE, pour confronter le vécu des salariés à la réalité des alertes internes.
« Ces résultats dessinent une carte de l’exposition qui recoupe largement ce que nous observons sur le terrain : les secteurs en tension, au contact permanent du public ou marqués par de fortes contraintes de rythme, concentrent les comportements hostiles. Mais le chiffre qui doit retenir l’attention n’est pas seulement celui de l’exposition : c’est l’écart entre ce qui est vécu et ce qui est signalé. Tant que la peur des conséquences l’emporte sur la confiance dans le dispositif, une large part des situations reste invisible. »
Anne-Sophie Chéron
Ingénieure, psychologue clinicienne et fondatrice du cabinet Reversens.
Des résultats à lire dans leur contexte
L’enquête porte sur un périmètre plus large que le seul harcèlement juridiquement caractérisé : comportements hostiles, incivilités, pression excessive, mise à l’écart, discriminations, intimidations, violences et comportements sexistes ou sexuels. Les résultats décrivent donc des comportements déclarés, vécus ou observés, et non des taux de harcèlement juridiquement caractérisé.
Enquête réalisée en ligne du 9 au 16 septembre 2026 auprès de 5 800 actifs exerçant en France, répartis en deux populations analysées séparément : 3 100 salariés et 2 700 professionnels du signalement. Communiqué publié le 29 septembre 2026.