Les enquêtes internes sous tension face à la hausse des signalements
Signalements, preuves, témoins : les entreprises peinent encore à mener des enquêtes robustes. Les professionnels veulent de la méthode, de la traçabilité et une IA sous contrôle humain.
Paris, le 18 mai 2026
Reversens a interrogé 2 011 professionnels confrontés au quotidien aux signalements de harcèlement moral, sexuel, aux violences internes ou aux agissements sexistes : DRH, référents harcèlement, juristes, enquêteurs internes, membres du CSE, ou encore avocats et psychologues du travail.
Premier constat : 81 % d’entre eux observent une hausse des signalements depuis 2022, et 92 % ont été directement impliqués dans le traitement d’un dossier au cours des deux dernières années. Mais cette augmentation ne va pas de pair avec une meilleure maîtrise du sujet. Seuls 41 % des signalements donnent lieu à une enquête formelle menée jusqu’à sa conclusion, freinée notamment par le manque de preuves exploitables, l’absence de méthode formalisée ou la surcharge des équipes RH.
L’étude révèle également un rapport ambivalent à l’intelligence artificielle : largement acceptée comme outil d’assistance pour centraliser les pièces, sécuriser la traçabilité ou aider à la rédaction (jusqu’à 74 % d’adhésion), elle est en revanche très majoritairement rejetée dès qu’il s’agit de suggérer une qualification juridique ou une décision disciplinaire, où l’humain reste jugé indispensable.
Le rapport complet détaille l’ensemble de ces résultats, avec les chiffres, verbatims et analyses d’Anne-Sophie Chéron, fondatrice du cabinet Reversens.